Partager :    

Compter en yup’ik

Entrez un nombre et lisez-le en toutes lettres en yup’ik.

Vue d’ensemble

Le yupik de l’Alaska central (qui s’écrit aussi yup’ik) appartient à la famille des langues eskimo-aléoutes. Il compte environ 20 000 locuteurs qui le parlent dans l’ouest et le sud-ouest de l’Alaska. Deux autres langues Yupik sont encore vivantes : le Yupik du Golfe du Pacifique (ou alutiiq) qui couvre la même zone géographique, et le Yupik sibérien (yuit ou jupigyt) parlé dans l’Extrême-Orient russe et sur l’île Saint Laurent (Alaska).

Liste de nombres en yup’ik

  • 1 – atauciq
  • 2 – malruk
  • 3 – pingayun
  • 4 – cetaman
  • 5 – talliman
  • 6 – arvinglegen
  • 7 – malrunglegen
  • 8 – pingayunlegen
  • 9 – qulngunritaraan
  • 10 – qula
  • 11 – qula atauciq
  • 12 – qula malruk
  • 13 – qula pingayun
  • 14 – akimiarunrita’ar
  • 15 – akimiaq
  • 16 – akimiaq atauciq
  • 17 – akimiaq malruk
  • 18 – akimiaq pingayun
  • 19 – yuinaunrita’ar
  • 20 – yuinaq
  • 30 – yuinaq qula
  • 40 – yuinaak malruk
  • 50 – yuinaak malruk qula
  • 60 – yuinaat pingayun
  • 70 – yuinaat pingayun qula
  • 80 – yuinaat cetaman
  • 90 – yuinaat cetaman qula
  • 100 – yuinaat talliman
  • 1 000 – tiissitsaaq
  • un million – miilicaaq
  • un milliard – tiissitsaaq miilicaaq

Compter en langage corporel

Les Yu’pik commencent à compter sur leur main gauche, de l’auriculaire vers le pouce, puis changent de main. Le mot pour un (atauciq) veut dire ce qui est indivisible, et deux (malruk) celui qui suit. Trois (pingayun) signifie addendum, et le mot pour quatre (cetaman) veut dire se déployer, s’étendre (bras/ailes), figurant quatre doigts écartés. Le mot pour cinq, talliman (dérivant du préfixe taɫi-, bras, nageoire), veut dire un bras, et le mot pour six, arvinlegen, signifie croisement, puisqu’il faut changer de main pour continuer à compter. À partir de onze, ils commencent à compter avec les orteils de leur pied droit (le mot pour dix, qula, signifie au-dessus). Le mot utilisé pour onze avant le contact avec les européens était athaktok, ce qui signifie cela descend, montrant ainsi le passage des doigts aux orteils, un sens perdu avec le mot maintenant utilisé pour onze, qula atauciq signifiant 10 plus 1. Le mot pour neuf, qulmgunritaraan, veut dire pas exactement dix, et dix-neuf, yuinaunritaraan, pas exactement vingt. Le mot pour vingt, yuinaq, dérive de yuk, la personne complète, puisque tous les doigts et tous les orteils sont désormais mobilisés.

Le sens de quelques morphèmes

Le Yup’ik étant une langue agglutinante, et plus particulièrement une langue polysynthétique, elle ajoute des morphèmes, ou petites unités linguistiques ayant un sens sémantique, à d’autres mots ou morphèmes pour modifier leur sens. Les noms de nombres n’échappent pas à cette règle. Voici une liste de quelques-uns d’entre eux.

  • -k est le marqueur duel, c’est-à-dire le marqueur pour compter deux choses.
    yuinaak malruk [40] peut être traduit par vingt-duel deux, ou (20 * 2)
    tiissitsaaq [1 000] donne malruk tiissitsaak [2 000] avec le même marqueur.
  • -t est le marqueur du pluriel, c’est-à-dire le marqueur pour compter plus de deux choses.
    yuinaat pingayun [60] peut être traduit par vingt-pluriel trois, ou (20 * 3)
    tiissitsaaq [1 000] donne qulen tiissitsaat [10 000] avec le même marqueur.
  • -legen signifie croisement
    malrunglegen [7] est deux-croisement, signifiant deux plus une main, ou (2 + 5)
    pingayunlegen [8] est trois-croisement, signifiant trois plus une main, ou (3 + 5)
  • -ata signifie s’accrocher/adhérer, s’attacher/être mis ensemble/devenir un et -usiq veut dire façon/manière/habitude, façon usuelle de faire quelque-chose
    atauciq [1] signifie littéralement l’adhésion, ce qui est indivisible, l’attachement, l’appendice.
  • malik- signifie suivre/accompagner et -ruq veut dire un endroit, une unité/section/partie de
    malruk [2] signifie littéralement l’unité qui suit.

Règles de numération en yup’ik

  • La langue Yup’ik utilisant un système vigésimal, c’est-à-dire un système de numération en base 20, les nombres de un à dix-neuf sont rendus par des mots spécifiques : atauciq [1], malruk [2], pingayun [3], cetaman [4], talliman [5], arvinglegen [6], malrunglegen [7], pingayunlegen [8], qulngunritaraan [9], qula [10], qula atauciq [11], qula malruk [12], qula pingayun [13], akimiarunrita’ar [14], akimiaq [15], akimiaq atauciq [16], akimiaq malruk [17], akimiaq pingayun [18] et yuinaunrita’ar [19]. De onze à treize, on ajoute l’unité à la dizaine, puis nous arrivons presque à quinze, et de seize à dix-huit, l’unité est ajoutée à quinze, faisant de ce système de numération un mélange entre un système vigésimal (de base 20) et quinaire (de base 5). Pour compter jusqu’à vingt, il faut quatre étapes de cinq unités chacune.
  • Les dizaines se construisent en multipliant par vingt et en ajoutant dix : qula [10], yuinaq [20], yuinaq quala [30] (20 + 10), yuinaak malruk [40] (20 * 2), yuinaak malruk qula [50] (20 * 2 + 10), yuinaat pingayun [60] (20 * 3), yuinaat pingayun qula [70] (20 * 3 + 10), yuinaat cetaman [80] (20 * 4) et yuinaat cetaman qula [90] (20 * 4 + 10). Les nombres de vingt et un à quatre-vingt-dix-neuf s’écrivent en commençant par la dizaine, suivie par l’unité séparée par un espace (exp. : yuinaq talliman [25]).
  • La formation des centaines suit la même structure que celle des dizaines, en ajoutant quinze aux calculs. Dans un système en base vingt, le rôle de cent (la base multipliée par elle-même) est tenu par 400 (soit vingt fois vingt). Ainsi, nous avons : yuinaat talliman [100] (20 * 5), yuinaat qulen [200] (20 * 10), yuinaat akimiaq [300] (20 * 15), yuinaat yuinaq [400] (20 * 20), yuinaat yuinaq talliman [500] (20 * (20 + 5)), yuinaat yuinaq qula [600] (20 * (20 + 10)), yuinaat yuinaq akimiaq [700] (20 * (20 + 15)), yuinaat yuinaak malruk [800] (20 * 20 * 2) et yuinaat yuinaak malruk talliman [900] (20 * 20 * 2 + (5 * 20)).
  • Mille se dit tiissitsaaq, et les autres milliers se construisent en posant le multiplicateur devant (exp. : malruk tiissitsaak [2 000], qulen tiissitsaat [10 000], yuinaat talliman tiissitsaaq [100 000]).
  • Le mot pour million est miilicaaq, et un milliard (109) se dit tiissitsaaq miilicaaq, soit mille millions, plaçant de facto la langue Yup’ik dans le groupe des utilisateurs de l’échelle longue (chaque nouveau nom de nombre plus grand que le million est un million de fois plus grand que le précédent).

Livres

Yup’ik (Central Eskimo) Language Guide (and more!)Yup’ik (Central Eskimo) Language Guide (and more!)
, aux éditions World Friendship Publishing (2006)

Practical Grammar of the Central Alaskan Yup’ik Eskimo Language
par , aux éditions Alaska Native Language Center (1995)
[Amazon.com Amazon.com]

My Yupik Counting Book: Counting To “10” in YupikMy Yupik Counting Book: Counting To “10” in Yupik
par , aux éditions CreateSpace (2009)
[Amazon.com Amazon.com]

Yup’ik Eskimo DictionaryYup’ik Eskimo Dictionary
aux éditions Alaska Native Language Center (1984)
[Amazon.com Amazon.com]

Liens

Autres langues supportées

Langues supportées par familles
Les autres langues actuellement supportées étant trop nombreuses pour être listées ici, veuillez sélectionner une langue dans la boîte de sélection suivante ou veuillez vous reporter à la liste complète des langues supportées.

Ce site utilise des cookies à des fins statistiques et publicitaires. En utilisant ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies.