Pétra, Jordanie

par Alexis Ulrich

Pétra (Al Batrāʾ, اَلْبَتْرَاء‎)

Située au sud-est de l’actuelle Jordanie, Pétra est une cité archéologique mythique, ancienne capitale des Nabatéens établie aux alentours de 312 AEC. Leurs tombeaux étaient creusés dans le grès et leur cité accessible à travers une gorge étroite, le Siq. C’était une forteresse naturelle où ce peuple auparavant nomade s’est établi, délaissant leur style de vie antérieur pour l’agriculture et l’élevage de chameaux et de chèvres. La ville, située au carrefour des routes caravanières entre le Yémen et la mer Méditerranée, constituait une oasis avec ses nombreuses citernes d’eau.


Le Sîq (Al Sīq, السيق‎‎)

Avec une longueur d’environ 1,2 kilomètres, le Sîq est une gorge étroite qui serpente entre deux falaises naturelles. Autrefois route pavée, elle est suivie de deux conduites d’eau potable creusées dans la roche. La hauteur des murs, qui peuvent atteindre 182 mètres, donne l’impression d’une route processionnelle avec ses pierres sacrées, ses niches et ses sculptures.


Le Trésor (Al Khazneh, اَلْخَزَنَة‎)

Construit originellement en tant que mausolée et crypte au début du premier siècle de l’ère commune, ce temple tire son nom d’une légende selon laquelle des bandits ou des pirates auraient caché leur butin dans une urne de pierre du second niveau. Une autre légende explique son surnom de Khaznet Far’oun, ou Trésore du Pharaon : un trésor y fut dissimulé par un puissant magicien noir identifié comme étant le pharaon lui-même. C’est la raison pour laquelle l’urne à son sommet, en réalité un masse de grès pleine, a reçu de nombreux impacts de balles au cours des siècles.

Le mot Khazneh est basé sur la racine K-N-Z (kāf nūn zāy, ك ن ز ), tout comme le mot trésor (كَنْز)


Le Monastère (Ad Deir, اَلدَّيْر‎)

Daté du milieu du premier siècle de l’ère commune pour des raisons stylistiques, ce temple tire son nom de la croyance selon laquelle il aurait servi d’église durant l’ère byzantine. Des croix chrétiennes ont été gravées dans le mur du fond de l’alcôve située à l’intérieur, ainsi que sur certains rondeaux des frises doriques durant le IVe ou le Ve siècle. On ne sait cependant pas encore quel type de culte était rendu par les Nabatéens dans ce temple.


Crédits photo : Miroir de Cendres