Étymologie du yoga

Le sanskrit est une langue qui a plus de 3 000 ans, et même si elle n’est plus beaucoup parlée aujourd’hui (avec environ 6 000 locuteurs), elle reste néanmoins une des langues officielles de l’Inde. Le sanskrit est à la racine de bien des langues et c’est également en sanskrit que sont rédigés de textes tels que les Véda ou les Yoga-sutra de Patanjali. Il n’est pas aisé de traduire ce terme, et donc de comprendre le sanskrit. Nous allons illustrer cela au travers d’un exemple simple, avec un mot très répandu : le mot yoga (योग).

Une traduction difficile

Si l’on prend la racine du mot, le radical YUJ, il provient du mot Indo-Européen JUG ou YUG, lui-même dérivée de la racine JEUG ou YEUG. On retrouve ce mot en latin jugum, en grec zugôn, en allemand joch, en anglais yoke et en français joug. Mais en sanskrit, le mot a un sens plus large. Ainsi, dans les textes védiques, il désigne l’attelage au complet.
Dans le dictionnaire en ligne Héritage du sanskrit, on trouve la définition suivante pour yugya (युग्य) : véhicule, chariot, char, animal de trait. Cependant, le mot n’est pas toujours pris dans son sens littéral. À l’époque védique, le collier d’épaule pour atteler les chevaux n’existe pas, atteler désigne donc une opération difficile et renvoie à l’action de relier des chevaux à un char. À partir de là, les textes védiques utilisent le mot yoga dans un sens large pour exprimer l’effort, le mode d’emploi, la technique.

Dans les textes, cette technique vise à l’union entre l’être (jivatman) et le principe suprême (paramatman). C’est cette définition, cette idée d’union, qui est reprise par les pratiquants de yoga et que l’on retrouve sur des sites comme par exemple à Toulouse Yoga Samadhi. Mais, comme le rappelle le dictionnaire sanskrit, la polysémie du mot est plus large puisqu’il désigne une durée astronomique.
Pour revenir à la définition actuelle du mot yoga, premièrement, il n’est pas vraiment précisé les moyens d’atteindre cette union et, deuxièmement, le terme désigne aussi bien le but (l’union) que les moyens pour parvenir à ce but. Pour finir, nous pourrions aussi nous intéresser à la polysémie de ce qui est uni mais nous laisserons la parole à B.K.S. Iyengar, une des références en yoga, qui définit cette union comme l’union de l’individuel avec l’universel.

Asana, ou posture de yoga ?

Dans les Yoga Sutra de Patanjali, Āsana (आसन, terme sanskrit) correspond au troisième membre (aṅga) du Yoga. Asana peut se traduire littéralement par « le fait de s’asseoir » ou encore par « la manière d’être assis ». Dans le Yoga, ce terme a le sens de « posture rituelle ». Nous pouvons dire que le terme Asana évoque la façon dont le pratiquant va prendre une posture.

Dans le yoga, il peut y avoir plusieurs types de postures. Les postures dites dynamiques qui peuvent être variées et peuvent avoir des degrés de difficulté différents. Le but de ces asanas est d’entretenir le corps physique et d’équilibrer les énergies sur les sept niveaux de l’être. Un bon exemple est la salutation au Soleil, ou en sanskrit Sūryanamaskāra, qui est un enchaînement de postures.

Salutation au Soleil


La Salutation au Soleil est une composition dynamique de mouvements et de positions (appelées āsanas) effectuées dans un certain ordre et en adéquation avec la respiration. La séquence se déroule de telle manière que le dos s’incline alternativement en avant et en arrière. La concentration et la participation active de la conscience sont également mises en avant. La Salutation au Soleil est pratiquée avec des intentions différentes, depuis un simple exercice de gymnastique, purement physique, jusqu’à une pratique méditative complète dans laquelle les āsanas sont combinés avec le prāṇāyāma et l’utilisation de mantra et en rapport avec les chakras. Cette dernière approche est celle d’une sâdhana (cheminement spirituel). Les postures dites statiques sont des postures qui amènent à un état méditatif. Leur but est de capter les énergies cosmiques par l’intermédiaire des centres de force et de revigorer l’être. Certaines formes de Hatha Yoga vont dans ce sens.

Dans une pratique yogique, certaines postures (ou asanas) sont adoptées spontanément ou réussies facilement dans certaines conditions psychophysiologiques alors que leur contreposture s’avère pénible, éprouvante… Dans le yoga, le pratiquant travaille en parfaite symétrie, droite/gauche, mais aussi vers l’avant ou vers l’arrière. Aussi, il est important que soit préservé l’équilibre d’une séance : posture et contreposture doivent se succéder harmonieusement.

Crédits photo : Le blog yoga